Quatrième de couverture:
En ce nouvel âge d'or, Gloriana règne sur Albion et son
empire.
Si la cour vit au rythme de la reine, le gouvernement repose sur le
chancelier Montfaucon et son réseau d'espion et d'assassins. parmi
eux l'énigmatique et redoutable capitaine Quire.
Et tandis que la reine de vertu languit dans son palais, creusé
de souterrains mystérieux, Quire, le prince du vice, trame dans
l'ombre l'écheveau complexe de ses intrigues...
Albion n'est pas l'Angleterre, Londres n'est plus dans Londres et le
monde de la Renaissance a changé; de même Gloriana n'est pas
Elisabeth I re. Pourtant ...
Uchronie fantastique, étrange et brillante, conte de fées
cruel et pervers, Gloriana occupe une place a part dans l'oeuvre de Michael
Moorcock: l'auteur y a consacré sa plume la plus chatoyante. |
Critique
Fantasmes élisabéthains
Bienvenue à Albion, le plus grand, le
plus puissant et le plus noble royaume qui soit au monde. Depuis sa capitale,
Albion envoie ses ambassadeurs et ses armées dans le monde entier,
des royaumes de Cathay aux plaines du Kansas. Et du monde entier les ambassadeurs
affluent pour rendre hommage à la puissance du royaume et à
sa reine. Sa reine, ma reine, Gloriana, souveraine de vertu, reine hiératique
à la beauté vantée par les peintres, les dramaturges,
les sculpteurs, les savants, les alchimistes, les espions et les poètes,
qui trône au centre de son palais, au centre de la ville, au centre
de l'univers. Gloriana, infiniment blanche, sage et pure, adorée
par un peuple industrieux et fidèle, vénérée
par les princes de toutes les nations qui viennent la courtiser en lui
portant offrandes et cadeaux, bijoux, étoffes et animaux fabuleux.
Gloriana, ma reine solitaire en son royaume, solitaire en son palais, solitaire
en sa couche, Gloriana, ma reine au corps blanc désirée par
les artistes, les savants, les serviteurs et les poètes, désirée
des hommes et des femmes et de moi-même qui ne suis rien et la contemple
depuis les passages les plus secrets du palais à la taille d'une
ville.
A qui sont ces soupirs et ces cris nocturne, ô ma reine ? Où
mènent ces portes dérobées qui s'ouvrent dans vos
appartements ? Sur quels secrets rougeoyants et honteux ? D'où revenez-vous,
à l'aube, la chemise déchirée et le corps marqué
de griffures ? Pourquoi pleurez-vous, ô ma reine ?
Le long des galeries du palais à la
taille d'une ville, au coeur d'une ville à la taille d'une nation,
erre la haute silhouette noire du Chancelier Perrion Montfalcon, qui servit
le roi vôtre père et vous sert maintenant avec toute l'implacable
efficacité qui a toujours été la sienne. Connaît-il
vos secrets et vos pleurs, ô ma reine ? Sait-il après quoi
vous soupirez ? Pour quelle raison alors a-t-il fait appel au plus redoutable
et au plus effrayants de ses espions ? Pourquoi a-t-il mandé à
la cour le capitaine Quire, homme noir et mauvais, duelliste et assassin,
amenant le mal et la corruption là où vont ses pas ? Que
fera cet homme au milieu des distractions, des concerts et des fêtes
qui agitent le palais ? Je pleure, ma reine, de voir d'aussi noirs desseins
au cœur de votre royaume, je pleure, ma reine, de vous savoir inassouvie
au cœur de votre palais, au cœur de votre ville, au cœur du monde.
Gloriana est une uchronie élisabéthaine,
baroque et précieuse.
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