Michael Moorcock La porte des mondes



 
Gloriana ou la Reine inassouvie (Gloriana, or the unfullfill'd queen, 1978)
Traduit par Patrick Couton
1. L'Atalante     (1990)
    490 pages.     2-905158-83-2
2. Folio SF  n°28     (2000)  
    576 pages.     2-07-041582-1 
Uchronie. Date de la divergence : 1558
Interview de Michael Moorcock
Quatrième de couverture:

En ce nouvel âge d'or, Gloriana règne sur Albion et son empire.
Si la cour vit au rythme de la reine, le gouvernement repose sur le chancelier Montfaucon et son réseau d'espion et d'assassins. parmi eux l'énigmatique et redoutable capitaine Quire.
Et tandis que la reine de vertu languit dans son palais, creusé de souterrains mystérieux, Quire, le prince du vice, trame dans l'ombre l'écheveau complexe de ses intrigues...
Albion n'est pas l'Angleterre, Londres n'est plus dans Londres et le monde de la Renaissance a changé; de même Gloriana n'est pas Elisabeth I re. Pourtant ...
Uchronie fantastique, étrange et brillante, conte de fées cruel et pervers, Gloriana occupe une place a part dans l'oeuvre de Michael Moorcock: l'auteur y a consacré sa plume la plus chatoyante.

Critique

Fantasmes élisabéthains

     Bienvenue à Albion, le plus grand, le plus puissant et le plus noble royaume qui soit au monde. Depuis sa capitale, Albion envoie ses ambassadeurs et ses armées dans le monde entier, des royaumes de Cathay aux plaines du Kansas. Et du monde entier les ambassadeurs affluent pour rendre hommage à la puissance du royaume et à sa reine. Sa reine, ma reine, Gloriana, souveraine de vertu, reine hiératique à la beauté vantée par les peintres, les dramaturges, les sculpteurs, les savants, les alchimistes, les espions et les poètes, qui trône au centre de son palais, au centre de la ville, au centre de l'univers. Gloriana, infiniment blanche, sage et pure, adorée par un peuple industrieux et fidèle, vénérée par les princes de toutes les nations qui viennent la courtiser en lui portant offrandes et cadeaux, bijoux, étoffes et animaux fabuleux. Gloriana, ma reine solitaire en son royaume, solitaire en son palais, solitaire en sa couche, Gloriana, ma reine au corps blanc désirée par les artistes, les savants, les serviteurs et les poètes, désirée des hommes et des femmes et de moi-même qui ne suis rien et la contemple depuis les passages les plus secrets du palais à la taille d'une ville. 
A qui sont ces soupirs et ces cris nocturne, ô ma reine ? Où mènent ces portes dérobées qui s'ouvrent dans vos appartements ? Sur quels secrets rougeoyants et honteux ? D'où revenez-vous, à l'aube, la chemise déchirée et le corps marqué de griffures ? Pourquoi pleurez-vous, ô ma reine ?

     Le long des galeries du palais à la taille d'une ville, au coeur d'une ville à la taille d'une nation, erre la haute silhouette noire du Chancelier Perrion Montfalcon, qui servit le roi vôtre père et vous sert maintenant avec toute l'implacable efficacité qui a toujours été la sienne. Connaît-il vos secrets et vos pleurs, ô ma reine ? Sait-il après quoi vous soupirez ? Pour quelle raison alors a-t-il fait appel au plus redoutable et au plus effrayants de ses espions ? Pourquoi a-t-il mandé à la cour le capitaine Quire, homme noir et mauvais, duelliste et assassin, amenant le mal et la corruption là où vont ses pas ? Que fera cet homme au milieu des distractions, des concerts et des fêtes qui agitent le palais ? Je pleure, ma reine, de voir d'aussi noirs desseins au cur de votre royaume, je pleure, ma reine, de vous savoir inassouvie au cur de votre palais, au cur de votre ville, au cur du monde.

     Gloriana est une uchronie élisabéthaine, baroque et précieuse.

Laurent Kloetzer
Critique à paraître dans Yellow Submarine, n°129


© La Porte des Mondes et Icarus
Toutes les critiques sont copyright © 1999 par leurs auteurs.

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